Mercredi 28 Mai 2008
Gwada - day 4
Vendredi 21 Mars 2008.
4ème réveil en Guadeloupe.
Mal dormi.
C'est sûrement le ti-punch qui est mal passé.
Ce jour-là, pas mis le réveil, mais on n'a pas traînassé au bungalow pour autant.
Au programme : aller en Basse-Terre (partie Ouest du papillon Guadeloupéen pour les ingnares
), faire la balade du saut de la Lézarde, et voir la cascade aux Ecrevisses, pique-niquer quelque part, et faire le parcours de la maison de la forêt.
C'est moi qui guidais avec la carte, je crois, et comme je suis super douée, on a passé la route du Saut de la Lézarde sans s'en rendre compte, et on est arrivés à la cascade aux Ecrevisses.
Qu'à cela ne tienne, c'est donc celle-là qu'on a découverte en premier.
Le 21 Mars 2008 à 08:40
Cascade aux Ecrevisses - Route de la Traversée - Basse-Terre
Claire et Chien Chaud étaient un peu déçus, le chemin est ultra-balisé (même accessible aux personnes en fauteuil roulant, c'est dire si c'est balisé!), alors qu'ils s'attendaient à quelque chose de plus sauvage.
Moi, ça m'allait.
Disons, que ça serait un peu plus loin du parking, mettons un quart d'heure de marche au lieu de 3 minutes, et y aurait un peu moins de monde, ça serait encore mieux.
Mais on avait déjà un début de forêt tropicale autour de nous, et au-dessus de nos têtes, qui nous cachait le soleil...
09:00
Ensuite, direction : le Saut de la Lézarde.
Le guide disait :
"une somptueuse cascade nichée (donc c'est une descente, le saut est au fond) au coeur d'un environnement tropical impressionnant bla bla bla attention le sentier n'est pas toujours très bien entretenu"
et l'autre guide confirmait un terrain assez glissant.
Glissant ... ?
Naaaan ... !
Tu parles que c'était glissant !
Claire et Chien Chaud étaient ravis, moi, beaucoup moins.
Les chaussures pourries ?
M'en tape !
C'est juste qu'à chaque pas, fallait bien s'assurer qu'en changeant le poids du corps de pied, j'allais pas glisser tout d'un coup en grand écart.
Et puis le second guide annonçait "une balade d'1h aller-retour", et ben, la demi-heure aller est passée très très lentement...
Enfin, on est arrivés en bas, au Saut de la Lézarde.

Sur la fin, j'en avais tellement marre que j'avais pris un des "raccourcis", c'est-à-dire qu'au lieu de suivre le "sentier" (ou serpent de gadoue gigantesque), j'étais descendue à-pic, par l'un des petits chemins verticaux aménagés dans les racines des arbres.
Sauf que...
Sur la fin, y avait plus de racine.
Y avait plus que à-pic.
...
J'étais là, bloquée, comme une couillonne, avec ma jambe désespérément tendue vers le sol, à 10 bons centimètres de la première couche de gadoue...
J'ai fini par sauter, en priant pour pas glisser à l'arrivée...
Ouf... 
Et puis, au Saut, y avait pas que nous, y avait d'autres gens (sacrilège, qui a osé ?!), alors Claire et Chien Chaud ont voulu s'éloigner un peu pour pique-niquer tranquillou.
(M'enfin, c'est pas comme si c'était blindé, non plus... Allez quoi...)
Alors on est allés plus loin.
(Encore plus loin)
Il a fallu traverser le cours d'eau.
Pas bien profond, mais bien sûr tapissé de pierres bien glissantes.
Alors j'ai enlevé mes chaussures, et je les ai laissées là-bas, sur le bord.
Et j'ai enlevé mon pantalon, que j'ai mis autour de mon cou pour pas le mouiller, et j'ai traversé.
J'avais le style, j'peux vous dire !
Mes chaussures, là-bas, de l'autre côté.
Une fois de l'autre côté, j'en pouvais plus.
Claquée.
On a mangé, sans trop parler.
Calme.
Ca oui, c'était calme, on était que tous les trois.
Personne d'autre.
Et puis, pendant que les deux autres allaient voir ce qu'il y avait après le virage du cours d'eau, je suis restée là, assise sur mon caillou, les jambes en coton.
Je déteste les descentes.
Ca, je le savais déjà.
Nouvelle chose : je déteste les descentes boueuses.
Et encore pire : je déteste descendre des chemins boueux en compagnie de gens sportifs.
Parce que comme j'aime pas faire le boulet, je me force (l'air de rien, hein) à accélérer mon rythme, et je finis par réaliser un exploit sportif (à mon niveau) et après j'ai envie de mourir sur place.
Donc j'étais là, sur mon caillou.
Et j'me suis dis, j'vais pas rester là, tant qu'à faire, je peux encore ramper jusqu'à mon appareil photo, je vais shooter un peu la life autour de moi.
Fallait pas être bien haut pour voir cette bestiole, mais j'avais pas envie pour autant de trop ramper dans ses parages :
longue comme "mon ongle de petit doigt fois 2"
(je ne me ronge pas les ongles)
(et l'onge de petit doigt est généralement bien portant, puisqu'il sert uniquement à récurer le fond de mon nez)
(joke)
(de mauvais goût, je vous l'accorde)
(je suis d'humeur déjantée, ce soir)
(mais j'arrive à bien le cacher, ça va)...
Oui, donc, la petite bête, elle m'a fait penser à un truc de film d'horreur, où les bêtes se glissent sous ta peau, comme ça, bzzzzt, ça y est, et ensuite ça te bouffe de l'intérieur, ça te pond des oeufs partout, tu grouilles de l'intérieur, berk, stooooop, je vais faire des cauchemars cette nuit...
Arg.
Donc je me suis relevée et je suis allée voir plus loin si elle y était pas...
Claire et Chien Chaud quelque-part au-delà du virage, j'étais seule au monde, libre de me mettre à quatre pattes pour photographier le ras de paquerettes...
Y avait cette petite plage de graviers.
Qui faisait mal aux pieds.
Et plus loin cette fougère.
Que j'ai galéré à prendre nette, tellement je tremblais de fatigue des muscles.
Claire et Chien Chaud au loin, qui me laissent, toute seule. Seule. Seule.
(comme le hareng saur, saur, saur) (ok, je saur sors)
(mais avant, que ceux qui ne connaissent pas cette poésie lèvent la main, main, main)

Et puis, je me retrouve toute petite, petite, petite,
Face à cette feuille morte, morte, morte.
Super grande, gr... (ok, j'arrête).
Là, sur la photo, vous voyez, mes pieds font la gueule.
Ils ont mal.
(saloperie de gravier)
Et puis, y avait plein de trucs par terre.
Des espèces de mini-boudins noirs, que au début j'ai cru que c'était des vers ou des chenilles, des bestioles, quoi, et après, quand j'ai vu que j'étais encerclée ...
(hou hou, ce soir c'est psychose à la maison)
(j'vous promets, pourtant j'ai pas regardé de film d'horreur depuis super longtemps)
(j'en ai jamais regardé en fait je crois)
(ah, si, peut-être les Visiteurs)
(ou Jurrasic Park)
(je sais plus)
(mais en tous cas ça fait longtemps)
(haaaan, les gremlins aussi)
(bref)
quand j'ai vu que j'étais encerclée de mini-boudins noirs, je suis revenue à la raison, et je me suis dit : non, c'est végétal.

Et puis, après avoir passé un certain temps à photographier tout et n'importe quoi (surtout n'importe quoi) à 3 centimètres du sol (et plus haut), Claire et Chien Chaud sont enfin revenus, et ils ont décidé d'aller faire un plouf dans la cascade.
Ben, ok, mais toujours sans moi, moi pas en état, sauf si vous voulez que je moribonde (veut rien dire? m'en fous !) sur place.
A la place, j'ai pris un peu d'avance.
Et j'ai pris quasiment tous les raccourcis verticaux dans les racines.
Sauf celui que j'avais pris en descendant, bien sûr, parce qu'il était réellement impraticable à la montée.
Trop de hauteur sans racine.
Alors, je sais, chui une warrior, mais bon, tout guerrier a droit à son instant de repos, hein.
Le jour où j'irai habiter en Gwada, je me ferai le parcours 2 fois par semaine, et j'aurai un corps de folie.
Des cuisses musclées (grâce à la descente), et des fesses et des bras de folie (grâce à la montée-escalade par les chemins verticaux). Et les abdos aussi.
Mais bon, comme là, c'était ma première fois, je tremblais de fatigue, j'en pouvais plus, et j'ai eu mal pendant 3 bons jours après ça.
Je marchais comme une éclopée et je descendais les escaliers comme une femme enceinte.
Allez savoir pourquoi, il me semble que c'est l'impression que ça a donné à Claire.
Arrivée à la voiture, je me suis d'office foutue à l'arrière, moi pauvre larve exténuée.
Du coup, la visite de la maison de la Forêt (= visite de la forêt tropicale parsemée d'indication sur la végétation), on a fait soft.
Sur plusieurs circuits possibles, on a pris le plus court.
En plus, il commençait à faire un peu sombre...
Passé le pont, on entrait dans le vif du sujet...
Enjoy !
De la végétation partout, qui poussait sur la moindre surface libre...
De petites étoiles rouges, tombées d'on ne sait où,
Des fleurs jaunes dont j'ai oublié le nom, à la sève toxique
De la mousse, partout.
Des feuilles grandes comme toi,
et Claire qui joue à cache-cache...
Des fougères grandes commes jamais les nôtres ne le seront en métropole.
Deux feuilles immenses surplombant le cours d'eau.

Des ficus magiques,
immenses,
débordant de vie.
Des troncs énormes et torturés,
autour desquels venaient s'enrouler d'épaisses lianes.
Des fougères,
encore,
toujours,
partout.

Et ma préférée,
dans toutes les couleurs,
après la puie...

Après cet émerveillement végétal (c'est nuuul, bouuh, t'es pas poète ma grande), on s'est rentrés, je sais plus par quel chemin, je devais agoniser à l'arrière.
On a mangé un délicieux ananas, comme dessert du soir.
Tout est délicieux, de toute façon.

Tout est délicieux, sauf les bananes plantain pas mûres et pas assez cuites.
Ca sent les pieds, et ça accroche sur la langue, c'est atroce.
Et quand on tente de rattraper ça en les faisant flamber à la poêle avec du rhum, c'est toujours aussi atroce...
Notre piscine, éclairée le soir...
J'y ai pas mis un pied, dans celle-là !

Par aWa, Mercredi 28 Mai 2008 à 09:15 GMT+2 dans Voyage
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