aWa's world

Nightmare ...

Les gens, l'heure est grave.


Figure-toi, juste après t'avoir dit que mon Grand Blond, il était tout à fait adorable, qu'il avait pas montré signe du tout que ça le faisait chier de parler avec moi…


Ben j'ai rêvé qu'il était tout le contraire.



D'abord, j'allais à la plage avec mon frère (mais je sais plus lequel des deux) et mon père.

Alors, c'est bizarre, déjà, parce qu'en général, pour aller à la plage, ben t'as la dune, et t'as le caillebottis qui traverse la dune.
Là, le caillebotis il longeait la dune, et y avait des "bretelles", un peu comme des sorties d'autoroute, qui en partaient et traversaient la dune vers la mer (tu conduis trop, ma fille).

Moi, j'avais de l'avance sur mon père et mon frère (je crois quand même que c'était le petit), et donc, je les ai attendus près d'une bretelle.


Et là, je vois mon Grand Blond qui arrive, avec un pote à lui.
Et il prend la bretelle près de laquelle j'attends.

Alors moi, je le vois, et dans mon rêve, je suis pas en mode digne.
Je suis en mode faaaaan.
(La loose)


Je le vois, et donc je lui cours plus ou moins après, je le rattrape, et je lui tapote l'épaule.
Et là, il tourne la tête, me voit, souffle l'air de dire : Naaan, encore elle …, et il prend l'air blasé.
Et il se détourne de moi et accélère le pas, genre, pour m'éviter.


En plus, dans mon rêve, mon Grand Blond, il était gras.
Pas gras, genre, avec un gros bide et tout dodu, mais je sais pas trop comment dire…

Gras-sale.
Il était tout blanc-pas bronzé, avait la peau luisante, un petit double menton.
Et puis il avait les pieds plats.

 

Vois le cauchemar !

 

Heureusement qu'il est pas comme ça en vrai.
A la fois, ça serait pas mon Grand Blond, hein.

;)

 
    podium js est, bt, brt smps


Parce que j'aime bien jouer avec toi, en ce moment, tu dois trouver qui est mon Grand Blond, parmi les quatre loustics ci-dessus...

:)

Pffff, c'est TROP facile !

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Blasée

Oui, vois-tu, présentement lecteur, je suis plutôt blasée.

Plutôt graaaaave blasée, même.

 

Vois-tu, j'en parlais à midi avec la Loutre, la Sicile en Octobre, j'ai moyen envie d'y aller.

A la fois j'ai pas envie d'y aller parce que je me dis qu'à la place je pourrais être aux Canaries devant les compètes de surf.
Et avec mon Brasilian Guy. Et pas que.

Et à la fois j'ai envie d'y aller, parce que que ça va être sympa, j'me dis.

J'ai moyen envie d'y aller, mais je me motive.

 

Enfin, ça, c'était à midi.
Avant.

 

Oui, parce que vois-tu, y a une heure, je surfais sur le Oueb, et puis je vais voir la liste de participants de la compète aux Canaries, comme ça, par curiosité.

Et là, j'ai vu que Max était inscrit.

Max, tout seul.
Sans Kelly, sans Evan, sans Charlie.
Max et puis c'est tout.

Mon Grand Blond, aussi, mais bon, c'est pas pareil.
Mon Grand Blond, je le connais pas plus que ça.
Max, si, plus que ça.
Et puis, vu comment ils ont peu socialisé avec les autres su'feu's, à Lacanau, j'me dis que si j'étais allée aux Canaries, il aurait été content que je sois là. Il aurait pas été tout seul.

En plus, j'vais te dire, les photos que tu prends aux Canaries, c'est quand même autre chose que les pauvres photos de Lacanau...

 

Et là, je suis graaaave blasée, parce que voilà, ça sera pas les Canaries, ça sera la Sicile.
Ambiance incertaine, en plus.

J'ai grave plus envie.
Va falloir que je me re-re-re-re-motive.

 

Pfffff.

 

Je passe sur le fait qu'au boulot, ces traîtres d'informaticiens, ils ont bloqué myspace, youtube, l'accès à la messagerie orange, dailymotion, et plus généralement tous les sites d'hébergement d'images, galleries photo, etc.
Bientôt, on va plus pouvoir rien faire.

Vois les journées de looose au taf : obligée de bosser.

 

Et puis je passe sur le fait qu'il fait beau et que ptain de mrde pourquoi il a pas fait beau comme ça à Guidel ce weekend ?!

 

Et puis je passe sur le fait que je me casse le cucul à te rédiger des ptains d'articles sur mes vacances, et que tu réagis pas.
Ou si peu...

Mais bon, ça, je sais, c'est ma faute.
Je deviens exigeante.
Et puis, moi et mon souci du détail, je suppose qu'on doit te gaver un peu.

Pour me remonter le moral, je vais voir l'an dernier, résumé des vacances d'été, et je vois que j'avais... aucun comentaire...

 

Sinon, ça va.

 

Journée de merde.


L'an prochain, je prévois rien à l'avance.

 

Et toi ?
T'as la pêche aussi ou bien c'est juste moi qui râle tout le temps ?

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Pride and Irony

Les gens, je suis fière de moi.

Oui, vois-tu, hier soir, j'étais devant mon ordinateur (pour changer...), quand soudain, je vois Bob qui se connecte sur msn.

 

Bob.
Tu te souviens pas de Bob ?

Bob, c'est un mec que j'ai rencontré y a plus d'un an à Hossegor, pendant une soirée.
Ca a fini chez lui, mais très sagement à se faire des massages.

Moi, je lui demandais rien de plus, au départ, mais il a réclamé mon numéro, il voulait qu'on se voie quand je descendais à Bordeaux, il serait venu esspress pour mes beaux yeux.
Bien sûr, c'était du foutage de gueule.
Bob, il t'aurait suffi de ne pas me demander mon numéro.

C'était si simple...

Bob, je l'ai gracieusement hébergé quand il m'a demandé si y avait moyen, après 6 mois de silence.
Je l'ai donc hébergé à Paris, en partant il m'a remerciée et m'a dit que si jamais j'avais besoin, à Hossegor, et même avec une copine, il pourrait m'héberger.

Je t'ai dit, cet été, au début avec Fixou, on voulait se faire une semaine à Lacanau et une autre à Hossegor.
Ou même pas une semaine entière, en fait.
On voulait juste y aller voir un peu, de quoi retournait la compète, là-bas.

J'ai donc essayé d'appeler Bob.
Une fois.
Deux fois.
Ca sonnait, mais Bob ne répondait pas.
La troisième fois j'ai laissé un message.
Toujours pas de réponse.
J'ai tenté msn, quand je l'ai vu se connecter.
Silence radio.
J'ai envoyé un email.
Tcccccccccchhhhhhhhhhht -- -- pas de réception.

 

Alors, super énervée contre cette preuve de lâcheté toute masculine, je m'étais dit que j'allais lui envoyer un email un peu culpabilisant.
Et puis ...

Et puis j'ai eu d'autres chats à fouetter, j'ai été en vacances, tout ça.

 

Et hier soir, donc, je vois Bob qui se msn-connecte.

Là, mon sang n'a fait qu'un tour.
Ma vie est un peu monotone depuis que je suis rentrée à Paris...
En fait non, pas du tout, mais on s'en fout.

J'ai soudain eu envie de pas avoir parlé en l'air, rapport à l'envoi de mail culpabilisant.

 

Clic, je retrouve son dernier mail, clic, répondre, et j'ai tapé sans trop y réfléchir, en plus :

 

Salut Bob,
 
Juste ce petit message (un peu tard) pour te remercier d'avoir répondu à mes appels et messages quand, avant l'été, j'ai essayé de te joindre.
 
J'apprécie beaucoup ta générosité, de m'avoir proposé de m'héberger si jamais j'avais besoin, quand je descendrais dans les Landes.
Et j'apprécie encore plus le fait que tu joignes le geste à la parole. 
 
Mais ne t'inquiète donc pas, j'ai trouvé plus hospitalier...
 
En toute ironie,
 
aWa
 
 
PS : en tous cas, n'hésite pas à faire signe, si tu passes à Paris.

 

...

que je te rie au nez....

 

Ouais, je sais pas vous, mais je suis assez contente de moi.

Je sais pas vous, mais ça me ferait bien chier de recevoir un email comme ça.
J'en prendrais un sacré coup dans ma fierté, dans mon honneur...

 

Bob, si tu me lis, je ne te souhaite pas le bonjour !
Je te conseille d'apprendre à ne pas prendre les filles pour des connes, à ne pas te servir des gens seulement quand tu en as besoin.
Bob, je te souhaite bien du courage.

Sincèrement,
aWa.

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Summer 2008 - 2


Bon, voilà, ça c'était le piège.

Je te vois d'ici, t'es tout content, parce que tu te dis, yeaaaah, aWa nous raconte enfin la seconde partie de ses vacances d'été.

Sauf que.
Je te l'ai déjà racontée.
En long, en large et en travers.
Ou presque.

C'était .
Et .

Alors en attendant la troisième partie, aka feu d'artifessefice, tu peux aller relire tout ça un petit coup pour patienter.


Et sinon, pour pas trop te gâcher la journée par la déception intense que je viens de te déclencher
(tu connais Pavloff ?)
(t'as cru que c'était l'heure de bouffer ?)
(tu commençais à saliver ?)
(et ben non…)
(blblblblblblblll)
(tirage de langue moqueur)


Je disais donc, pour pas te laisser trop sur ta faim, je vais te parler un petit peu quand même.


Et sinon, ça va, toi ?
Moi, ça va.

D'la balle.
Actuellement, c'est l'éclate.

 

Je désespère définitivement de pouvoir un jour enregistrer des programmes Canal+ sur mon magnétoscope.
Je comprends pas pourquoi, je fais pourtant tout bien comme ils disent, mais ça marche pas.
Soit.
Je lâche l'affaire.
A la place, j'enregistre les documentaires qui passent sur la cinquième chaîne.
Mon neurone va peut-être décider de s'auto-reproduire, qui sait

 

Mon tapis d'entrée, un truc en soi-disant bambou, prend un malin plaisir à se coincer sous ma porte, en l'empêchant de se fermer, quand je sors de chez moi.
De préférence quand j'ai les bras pleins.
Je suis donc obligée de tout lâcher pour remettre le traître à sa place.

 

Je croyais qu'il n'y avait pas de paraben et autres cochonneries dans ma crème solaire.
Va savoir pourquoi, j'en étais persuadée.
L'autre jour, suite à un article lu sur je-ne-sais-plus-quel-blog, je suis allée regarder.
Ben y en a.
C'est juste que le filtre est minéral, pas chimique, mais du paraben et des trucs qui finissent en –ycol & cie, y a.
Mais, bon, j'le vis bien.
Je m'en suis consciencieusement tartinée plein la tronche tout l'été.
J'assume.
Je crois même que je vais continuer cet hiver.
Juste pour le fun, de l'indice 50 sur ma gueule tous les jours, histoire d'avoir une tête de cadavre l'été prochain, et de chopper vraiment juste grâce à mon cul mes seins.

 

Mes lunettes sont rayées, un truc de malade.
Elles ont 2 étés. Un peu plus d'un an, quoi.
Le premier été, elles sont tombées par terre quand je faisais pipi dans les toilettes publiques (glamoouuuuur, quand tu nous tiens…).
Elles ont glissé de mon nez, quoi.
Mais elles l'ont bien vécu.
Là, j'ai pas souvenir qu'elles aient subi des trucs insoutenables, mais en tous cas, elles l'ont plutôt mal vécu, l'été.
Genre la grosse rayure en face de mon œil droit.
Mais bon, je vais chez le docteur des noeils après-demain, je vais essayer de lui faire pitié, avec mes verres rayés.

 

Sinon, et j'ai envie de te dire que je commence à avoir l'habitude, les vacances d'été m'ont apporté leur truc qui gratte entre les 2 jambes.
C'est glam, tout ça, hein…
C'est le maillot de bain toute la journée, paraît que c'est pas bon.
A la fois, hein, pendant les vacances, on fait ce qu'on peut.
Et si je passe la journée à la plage, ça sera pas en petite culotte en coton.
Mais bon, ce qu'est cool, c'est que le docteur de entre les jambes m'a filé une ordonnance espéciale réutilisable.
Et ça, c'est bien.

 

Ensuite, je voulais te dire : pourquoi ?!
Oui, hein, pourquoi ?!
Pourquoi quoi … ? tu te demandes…
Ben chaipa, moi, hier soir, j'ai regardé la télé, un film tout mignon, qui s'appelle "Ma vie sans lui".
C'est l'histoire d'une fille, qui va se marier avec un mec, mais manque de bol, le mec crève le jour du mariage.
Avant, le mariage. Et du coup, elle découvre des trucs sur lui qu'elle savait pas.
Mais devine quoi, y a 2 de ses potes qui sont amoureux d'elle, et elle tombe amoureuse de l'un d'eux, qui a un chien et une super baraque trop bien décorée, tout ça en Floride et sur la plage.
Et en plus, même pas moche, le mec.

Et alors (on y arrive), pourquoi ?
Pourquoi elle, et pas moi ?
Pourquoi quand je choppe du mec qui vit au bord de l'eau au soleil (et pas que, même) :
a) il n'a pas de papiers (et je ne parle pas de papier toilette)
b) il a une bien-aimée qui l'attend dans son royaume de Fort-fort-lointain
c) il n'a pas de bien-aimée et le vit plutôt bien, genre, il en cherche pas, quoi…

Et, s'il te plaît, SILTEPLAIT ne me dis pas : parce que tu n'as pas la tronche de Jennifer Garner. Je le sais déjà.
Alors moi, je dis stop.
Stop aux happy end.
Pourquoi nous faire miroiter des choses pareilles, si ça n'arrive pas dans la réalité, hein, moi j'te demande ?!

 

Je voulais aussi pousser un petit coup de gueule contre mon feu avant gauche.
Je parle voiture, là.
Suis un peu, enfin.
Donc, mon feu avant gauche a décidé de ne plus marcher éclairer.
Je suis donc en recherche d'un gracieux garagiste qui me le changerait gratuitement (sans facturer 80 euros de l'heure de main d'œuvre, j'entends).
Contre éventuellement avantages en nature.
Oui, paraît que je fais de très bons gâteaux au chocolat.

 

Et puis enfin, ça fait depuis que je suis rentrée à Paris que j'ai deux énormes ganglions à la place de la gorge.
Je vous rassure, j'ai toujours ma gorge, je la sens. Plutôt bien, même.
Et des courbatures, aussi.
Pas à la gorge, les courbatures, plutôt au dos.
Et les yeux brillants, aussi.
Mais c'est foireux, comme truc, parce que ça se déclare pas franchement.
J'ai assez la forme pour aller au boulot.
C'est juste le matin et le soir, quand chui chez moi, que ça va moins.
Une visite chez le médecin, mourante, n'est pas encore d'actualité.

En plus, j'ai un rendez-vous samedi prochain, que ça me ferait bien chier de rater.
A Guidel, avec Headbanging !
Donc je compte attendre en me reposant, m'y prendre une grosse cuite (caniveaauuuu !) et bien prendre du retard de sommeil le week-end prochain, comme ça, la maladie vaincra, j'me dis.
Croisons les doigts. Mais pas avant lundi prochain, la victoire de la maladie, hein ?

 

Pour finir ce grand article en ce grand jour, une petite annonce :

Si tu es grand, sportif et hâlé ce qu'il faut, si tu as le poil libéré, si tu aimes l'océan, faire la fête et dormir avec une fille dans tes bras, tu m'intéresses, envoie-moi ton CV.

Mais méfie-toi, j'ai eu ma dose y a pas longtemps, alors je suis capable de faire durer l'entretien d'embauche assez longtemps.

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Back to ... grey


Bonjour
, ami lecteur.

Ca faisait longtemps.
Que je t’avais pas écrit un truc en live et en français.

La dernière fois, t’as pas trop compris ce que j’ai écrit, et c’est bien normal.
Sauf Fixou, et c’est bien normal aussi, puisqu’elle sait déjà tout de ce qu’il s’est passé.

Je te rassure tout de suite : tout va bien, j’ai encore tous mes membres et mon neurone est intact (quoique), personne n’a rendu l’âme sur mon passage…

C’est juste que, pendant 10 jours, j’ai vécu.

Tu vois.
Verbe vivre.

Genre, tu profites, tu rencontres, tout ça.
Genre, t’es pas enfermé dans un bureau de 8.30 à 17.15 tous les jours de la semaine, pour finir par te cacher le week-end chez toi pour cause d’invasion de blaireaux dans les rues.
Ou pour cause de neurone nécessitant silence.

Pendant 10 jours, j’ai vécu comme j’aimerais vivre plus.

Et pour ça, tu l’as deviné, le retour à la réalité (mais c’est quoi la réalité ?!), c’est dur.
Très dur.


Pour te refaire en français et en rédigé le délire anglais de l’autre jour, quand je suis rentrée, lundi, je me sentais vide.

Vide.
Pas de sentiment sinon celui de manque, de vide, d’avoir oublié quelque chose derrière soi.
De passer à côté d’un truc énorme, sans s’arrêter, sans pouvoir y revenir.

Les seules choses que je voyais, sur la route entre Bordeaux et Paris, et hier toute la journée dans mon bureau, c’était les images de ces vacances.

Intenses.
Impossible de penser à autre chose.

Des images accompagnées de sentiments, qui revenaient serrer ma poitrine, comme une angoisse sourde.
Un truc que tu peux pas vraiment cerner.
Des sentiments forts, mais passés.
Des instants intenses, uniques.


Et je me dis que, c’est pas possible, je le vis encore, ce truc, ce tourbillon, vu l’état de mon cœur et de mon pauvre neurone (ou l’inverse), je suis encore en plein dedans.

Alors pourquoi, hein pourquoi, en face de moi, y a mon collègue non-George(Clooney) ?!
Qui, est-il bien utile de le dire, ne me fait absolument pas vibrer…
Et je ne me plains pas (trop), par la grâce de je-ne-sais-qui (que je dois remercier de m’éviter ce souci), P'tit Nouveau n’est pas là en ce moment.
(Petit Nouveau, dans ton propre intérêt, j’espère que tu as arrêté de venir ici).


Mais sont les autres, ceux des vacances ?
C’est quoi, la suite, la suite de l’histoire ?
On se revoit quand ?
On fait quoi, après ?

Mais, je le sais déjà, après, y a plus rien.


Après, y a le boulot pendant 11 longs mois jusqu’à l’été prochain.
Y a un week-end à Lisbonne fin Septembre avec les copains, y a une semaine en Sicile mi-Octobre, y a un autre week-end en Novembre.

J’étais contente, d’avoir réussi à les motiver pour se bouger, les copains.
Sauf que maintenant, j’ai surtout plus du tout envie de faire tout ça.

Ca me panique, ça me donne le sentiment d’être bloquée, engagée, de ne plus avoir de liberté d’aller et venir comme je le veux.

J’aurais vraiment eu envie de retourner aux Canaries, en fait.
Mais non, ça sera la Sicile.
Je pourrais très bien annuler le billet d’avion, c’est la seule chose qui soit réservée pour l’instant.
Mais j’ai dit que j’étais du voyage.

J’ai dit, et quand je dis quelque chose, et que je m’engage, je n’assume pas de me défiler.
Alors je fais, en général.
Et prendre un billet d’avion, pour moi, c’est  un engagement.
Alors, ce sera la Sicile.

Mais ça m’oppresse.
Que mon emploi du temps soit plié jusqu’à Noël.

 

L’an prochain, je ne prévois rien avec les copains.
L’an prochain, je déciderai au dernier moment où je veux aller, je partirai sur un presque coup de tête, et qui m’aime me suive.
Ou pas.

Ou pas, parce qu’ils sont pas dans le même trip, les copains.
Fixou, tu rentres pas dans le lot. Je crois que t’es convertie.
Ce fut rapide, mais je crois que tu l’es.
:)

Mais les copains, ils sont pas dedans.
Le surf, le délire, l’océan, à l’arrache, même à moitié, le soleil, le voyage, le spirit, ils comprennent pas, je crois.
C’est comme l’Australie, ils comprennent pas.

 

J’ai vraiment l’impression de passer à côté d’un truc énorme.
C'est terrible, comme sensation.

Faudra que je te raconte, quand même, le tourbillon.
Mais pas encore.

Parce que c’est encore super dur de mettre des mots dessus, autres que des demi-mots marrants au téléphone.

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It's Over

I feel ... a kind of emptiness.

No feelings.
No thoughts.


Just the same images playing back in my eyes.
And the same doubts playing with my heart again.

Was it real ?
Or was it a dream ?

What will happen next ?

 

I'm dying to know, but I think I already do.
It's just over.

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Solitaire

Oui, je crois que je suis plutôt solitaire.

Ca me dérange pas de rester seule, de ne voir personne le temps d'un week-end.
Attention, quand je dis voir personne, je peux aller me balader en ville, croiser des tas de gens.
Pour moi, ça revient à voir personne.
Pas d'interaction.
Excepté le minimum de politesse.


J'ai pas des masses d'amis.
Je connais pas mal de gens, mais les gens qui me sont vraiment importants se comptent sur les doigts d'une ou peut-être deux mains.
Et comme je n'ai pas besoin d'être constamment entourée, il peut se passer quelques temps, pendant lesquels je ne les vois pas.
On garde contact par téléphone, un coup de fil par-ci, par-là.
On se voit de temps en temps.
Et ça suffit.

J'ai été trop déçue par le passé.
J'ai trop mis dans des amitiés, j'ai trop donné, pour me rendre compte que je n'étais la bonne copine qu'en dernier recours. Que j'étais tenue à l'écart des sorties, des soirées.
Parce que, tu comprends, une intello chez toi, ça le fait pas.


Alors j'ai mis un videur, à l'entrée de ma vie, et il sélectionne.
Tri sélectif : ordures ménagère, tu jettes sans arrière-pensée. Verre, papier, plastique et conserve : peut éventuellement être recyclé.


En plus de ça, je ne suis pas très sociable.
Ou c'est peut-être juste une autre facette de la méfiance que j'ai développée.

Je ne sais pas entretenir une conversation avec quelqu'un qui ne fait pas partie des mes amis proches.
Je me contente de remuer les braises, avec des hochements de tête, oui, oui c'est vrai, tout à fait, ah bon tu crois ?, je ne savais pas…
J'essaie de garder l'air concentré, concerné, j'y arrive plutôt bien et c'est sûrement pour ça que des inconnus se confient souvent à moi, à un arrêt de bus ou dans un train.
Mais je ne sais pas apporter de bois au feu.

Je n'ose pas trop aller vers les gens que je ne connais pas, quand les gens se connaissent déjà.
Souvent, je m'ennuie dans ces soirées.


alooone in the dark
Le 26 Décembre 2007 à 17:47
Charleville Mézières


Mais je suis bien, comme ça.


Ca ne me dérange pas d'être réservée,
ça ne me dérange pas de ne pas avoir de nouvelles connaissances tous les 4 matins,
ça ne me dérange pas que 95 % de mes connaissances soient juste faites de superficiel.

Tant que c'est admis et respecté de part et d'autre, tout va bien :
je te connais un peu, tu me connais un peu,
on se dit bonjour quand on se croise et on échange les dernières nouvelles,
ça me suffit et ça te suffit aussi.
Tout ça à la fréquence faible des relations superficielles : de temps en temps.
Rien de plus.


Si des atomes crochus apparaissent, on se verra peut-être un peu plus, d'un commun accord.
Ca débouchera peut-être sur une amitié un peu plus forte, ou peut-être que ça retombera dans des échanges superficiels, on ne sait pas.
Mais c'est parce qu'on sera tous les deux d'accord.

 

Mais si y a un truc qui me dérange, qui me dérange vraiment, c'est bien les gens qui tentent de s'incruster à tout prix dans ma vie.

Les gens qui ne se rendent pas compte que je n'ai pas forcément envie de les voir en dehors d'un certain contexte.
Les gens qui, parce qu'ils te trouvent quelque chose de spécial, voudraient tout d'un coup faire partie de ta vie.
Et ils ne se rendent pas compte que toi, t'as juste envie d'être tranquille.


Je ne me mets pas en-dehors du lot : moi aussi, des fois, je rencontre des gens que j'aimerais revoir, avec qui j'aimerais partager plus.
Mais il faut être à l'écoute de l'autre.

J'ai adopté le système du "chacun son tour".
Si je sollicite, et que tu réponds, le coup d'après, c'est à toi de faire le premier pas.
Et après, c'est mon tour, ensuite, au tien, etc
Au bout d'un moment, si tout fonctionne bien, on peut s'appeler ou se voir sans tenir compte du "chacun son tour".
Mais tout doit être progressif.


Par contre, si je fais un premier pas, puis un deuxième premier pas, puis un troisième, sans retour autre que des réponses à ces sollicitations, je vais interpréter de cet échange à sens unique que tu ne tiens pas plus que ça à entendre de mes nouvelles.
Alors je vais arrêter.


Et dans l'autre sens, si je ne renvoie pas de signaux positifs à tes invitations, tu dois comprendre que tu dois arrêter d'insister.
Si tu t'obstines, je vais appréhender le fait de te croiser.
Ca va m'énerver de devoir trouver à chaque fois une nouvelle excuse pour refuser, parce que je n'aime pas blesser les gens, donc je n'oserai pas te dire franchement que je n'ai pas envie de te connaître plus.
Tu vas finir par me sortir par les trous de nez, comme on dit.
Et à obtenir l'effet inverse : je vais chercher à t'éviter définitivement, je ne te supporterai plus. Rien que ta vue me mettra en boule. Sans retour possible.
C'est pourquoi tu dois apprendre à comprendre ce silence.

Et le respecter.


C'est comme les gens qui rentrent dans mon espace.
Ca, je peux pas, non plus.

Mes amis, c'est comme mon espace, ma bulle autour de moi.
Tu y rentres si je t'invite, et si tu le veux bien.

Si tu t'incrustes, je vais le ressentir comme une agression.
Et ça, moi j'te dis, c'est pas bon pour toi.

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Boys are driving me craaaazy !

Je suis en train de devenir folle.

Si, je t'assure.
Tu dois me croire.

C'est à cause des mecs.

 

- Grand Blond est en train de devenir une obsession.
Il m'empêche de dormir la nuit, colle ses pieds froids contre mes jambes, me chatouille le dos avec sa barbe.
Ah, non, c'est pas lui.


- Kik m'obsède aussi. J'ai été tranquille pendant 10 mois, je l'avais presque oublié. 
(depuis l'été dernier, hein)
(la fameuse
visite privée de ma voiture au petit matin, qui m'a valu la fidélité de ma Chris –PDMB)
(coquine !)


Et puis là, il revient hanter mes pensées.
Parce que la semaine approche, cette semaine du Lacanau Pro où je sais que je vais le croiser par hasard.
Ca me tarde de le revoir, pour savoir si je lui plais encore, pour savoir s'il me plait encore, et pour le voir tout simplement.
Pour qu'il me dise encore une fois que s'il m'avait rencontrée à peine un mois plus tôt, à ce jour il serait avec moi et pas avec sa copine.
A la fois j'ai hâte et j'appréhende de le revoir.
Mais peut-être que je ne le croiserai même pas.
C'est ça le pire.

- Rob occupe aussi un peu mon esprit.
Pareil, j'ai hâte de le revoir.
En plus, il est venu me parler plusieurs fois ces derniers temps sur msn, et avait l'air d'avoir envie de me revoir aussi.
Mais c'est quand même par rapport à lui que je suis le plus calme, le moins troublée.
Va comprendre.

- Et Pico, ce cher Pico.
Je suis de mariage début Août. Invitée par la future mariée.
Et il sera là, invité par le futur marié.
J'en parlais à un copain, l'autre jour, en disant que j'espérais juste qu'il vienne avec sa nana, que je me rende bien compte qu'elle est belle, intelligente et sympathique et qu'ils vont superbement bien ensemble, que je discute avec elle et qu'on s'entende bien, et comme ça, ça me passerait, cette folie que j'ai pour lui.
Et l'autre abruti, il me dit "Il a une copine Pico ?! Je savais pas.
- Ben, y a 2 mois, il paraît qu'il en avait une…
- Ah oui, mais ce sont des choses qui changent, ça !
- Mais heuuuu, pourquoi tu me dis ça ? Tu pouvais pas dire un truc genre : oui, elle est grave bonne sa copine, et super sympa ?!
Et l'autre, il me répond :
- Ben ça aura peut-être changé, il en aura peut-être une nouvelle dans un mois…
Super. Merci. J'adore.

Voilà.
Alors j'espère que Pico viendra avec une bombasse super sympa qui restera collée à lui toute la soirée, sauf pour venir me faire la causette gentiment et me montrer qu'elle a du plomb dans la cervelle et que c'est pas une pouffiasse hautaine de base.
Non, en fait une fille normale, ça m'irait. Mais sympa, et qui discute avec moi.
Que je sympathise avec elle.
Que j'écarte de moi l'idée de Pico.

Voilà à quoi j'en suis réduite.
J'ai limite peur d'aller à ce mariage.
En fait, c'est assez égoïste, mais j'aimerais que Pico ait un empêchement.

- Je vous parle même pas de ex-Mc Dreamy, qui m'a harcelée sur msn ces derniers temps
(3 conversations en 1 mois, vous imaginez)
(comparé à zéro nouvelles pendant 8 mois, moi j'dis, ça c'est du harcèlement Mc Dreamiesque!)
donc qui m'a harcelée pour connaître mes dates de vacances, et où je serai à quel moment, pour qu'on puisse se voir quand il débarquera en France.

Oui, c'est cela Mc Dreamy.
Moi, je vais maintenant attendre avec impatience de te revoir, et quand le moment arrivera, il y aura aussi 15 autres personnes que tu connais entre nous deux. Et fidèle à moi-même, je resterai en retrait en fermant ma gueule.

De toute façon, t'es plus mon Mc Dreamy.
T'as perdu ces galons au profit du Grand Blond.
Et t'as gagné ceux d'Ex.
Mais n'empêche, je serai frustrée.
Je ne me satisfais pas de demi-relations, que ce soit en amour ou en amitié.

- Et enfin, il y a Edwin (je pensais déjà vous en avoir parlé mais en fait non...),
qui m'avait proposé une nuit d'aller dormir dans son camion
(où il dormait aussi, je précise)
(je précise aussi que le camion est assez petit)
(et je précise enfin qu'on avait chacun pas mal d'alcool dans le cerveau)
(mais j'ai refusé)
(si, tu dois me croire, parce que c'est la vérité)
(à cause d'un récent traumatisme dont il faudra que je vous parle, un de ces 4)

et une autre fois (toute aussi alcoolisée) il a dansé avec moi.
Oui, Edwin qui danse avec moi, c'est un événement.
Mais sobre, Edwin se désintéresse totalement de moi.
Mais sobre, Edwin est encore plus craquant que quand il est bourré.

Je l'ai revu, Edwin, en juin, et j'ai un peu remis mes lunettes de soleil en catastrophe quand il m'a demandé comment j'allais, le boulot, la famille, tout ça.
Et Edwin, il a pas été dupe.
Il m'a dit "Prends soin de toi" alors que c'est lui qui va faire des tests chez le docteur parce qu'il a mal aux articulations et aux muscles et tout et qu'il sait pas pourquoi.
Edwin, il est vraiment adorable.
En plus, je le classe juste en 2ème position dans mon classement du most cute guy of my life.

Mais bon, je me suis fait une raison, Edwin les préfères petites, brunes et impertinentes.
N'empêche que ça me tarde de le revoir, parce que c'est vraiment un bonheur d'être pas loin de lui.
Il dégage un tel calme, une telle aura de zénitude...

 

Tu me crois maintenant ?
Tu comprends pourquoi je deviens folle ?

Au passage, tu auras remarqué que je t'ai collé quelques liens pour rafraîchir ta mémoire défaillante (mouah, arrête cet air innocent, tu sais très bien que l'été, les apéros pullulent, et que tes neurones défaillent).
Si t'as vraiment rien d'autre à foutre, tu pourras donc parfaire ta culture sur ma life de ouf et sur les mecs qui me rendent ouf...

 

Ca va encore quand il s'agit d' Ex Mc Dreamy, face à qui je suis plus déçue qu'autre chose.
Ca va encore quand c'est Rob, envers qui je suis résignée : un pas en avant, trois en arrière, je fatigue...
Ca va quand on parle d'Edwin : je ne cherche rien avec lui, juste un peu de calme.

Mais quand on parle de Pico, je commence à flipper. 

Quand c'est Kik qui apparaît dans mes pensées, j'espère et repousse à la fois cet espoir dangereux.

Et Grand Blond ...
... lui, il m'empêche toujours de dormir, avec ses pieds froids contre mes jambes et sa barbe qui me caresse le dos...

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Merci, ça n'a jamais tué personne ...

Je suis contente de moi, ce soir.
Mais je vais quand même en profiter pour râler un peu.
A la fois, ça va pas t'étonner, tu me connais.

J'te préviens, ici et maintenant, ça va parler conduite.
En voiture, mais on peut extrapoler.
C'est la même merde à pied.

A midi, j'ai emmerdé un abruti qui était à un feu sur la file du milieu et moi à droite, tous les deux pour tourner à droite. Je suppose qu'il espérait me gratter au démarrage.
Mauvaise pioche, mon gars.
On tournait sur une 2 voies, donc venant de la file du milieu, après avoir tourné, il arrivait sur la file de gauche. Et moi sur celle de droite.
Or monsieur-avec-sa-grosse-bagnole voulait visiblement se mettre sur la file de droite.
Devant moi.
Mais tu sais, moi faut pas trop me chercher, quand je suis en colère et/ou dans mon bon droit, je peux être très conne.  
Donc j'ai accéléré tout ce qu'il fallait pour rester 2 mètres en avant de lui, qu'il ne puisse pas se rabattre devant moi.
Il a fini par se mettre derrière, d'un coup de volant agacé.
Ben oui, mon gars, la prochaine fois que tu voudras tourner à droite, tu te mettras sur la file de droite, comme tout le monde comme le code le conseille.

L'autre soir en rentrant du travail, j'ai laissé passer devant moi un camion qui voulait changer de file.
Il a mis ses warnings pour me remercier.
De rien, c'est un plaisir mon gars.
Un truc pareil, ça te rattrape toute une journée de merde !

Tout à l'heure, j'ai laissé passer une voiture qui voulait changer de file.
Il avait mis son clignotant.
J'ai cru qi'il allait pas le faire, mais il a fini par me faire un signe de la main.
De rien.

Je me suis arrêtée à un passage piéton pour laisser passer un mec.
Il m'a fait un grand sourire, l'air étonné, et a remercié.
De rien.


C'est pour ça que je m'obstine à laisser passer les gens, et c'est pour ça que,
malgré tous les gros enc*lés à qui ça brûle la main de faire un signe,
à qui ça écorche la langue de dire merci ou pardon,
c'est pour les gens qui le font que je continuerai.

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Raté magistral

Est-ce que c'est possible, d'avoir tout fait pour arriver quelque part, et de le regretter ?

Depuis le collège, j'ai fait toutes mes études dans le but unique d'intégrer l'école où j'ai appris mon métier.

Tout est allé très vite : après le collège, le lycée en filière scientifique, puis le BAC, sans aucun faux pas. Dans la continuité de ce bon départ, j'ai fait un an de prépa scientifique, et comme je n'étais pas faite pour ça, la fac m'a vue débarquer l'année suivante. J'ai mon Deug, qui ne sert à rien.

Tout s'est parfaitement déroulé, presque trop bien, et juste au moment où je perdais toute motivation, j'ai reçu un coup de fil, m'annonçant que j'étais admise au concours, que je pouvais continuer dans la branche que je voulais.

J'ai donc passé mon dernier été à travailler à l'école de surf, savourant pour la dernière fois l'ambiance bon enfant du travail saisonnier, du travail sans lendemain, ou presque.

Et l'automne qui a suivi m'a vue déprimer profondément, me posant toutes sortes de questions existentielles.

Et puis, en février, la rentrée à l'école a balayé tout ça grâce au vent de folie douce qui a soufflé pendant les 18 mois suivant.
Après l'école, j'ai été affectée à Paris, où je suis maintenant depuis presque 2 ans.

2 ans.
2 ans de ma vie, 2 ans de plus que je n'ai pas vus passer.
2 ans, pendant lesquels j'ai sagement, docilement pris le rythme.
LE rythme.

Travailler la semaine, 2 ou 3 jours de week-end, 5 semaines de vacances par an, et même un peu plus.
Quelques amis, quelques sorties, rien d'exceptionnel.
Comme tout le monde.
Ou presque.

J'ai 23 ans, déjà plus toutes mes dents, et ma vie, c'est ça.
Un boulot stable de petit fonctionnaire bien payé.

Et je suis blasée.
Comme une gosse pourrie qui n'a jamais galéré, à qui jusqu'à présent tout a réussi.

Et je me dis : c'est pas ça, la vie.
C'est pas possible, ma vie, ça peut pas être ça.

Moi, je rêvais de voyager, de partir passer du temps à l'étranger, beaucoup de temps, je rêvais d'y étudier, d'y vivre.
Et je me retrouve, coincée dans cette vie, que beaucoup rêveraient d'avoir.

Avec un appart sympa, bien aménagé, des loisirs à volonté, ou presque, et des vacances de l'autre côté de la planète.
Avec un job dans un bureau, un patron qui nous gueule dessus comme à des gosses, et son adjoint qui lui rapporte nos faits et gestes à sa manière. Et non-George, qui des fois m'insupporte.
Et je me retrouve, en sortant d'une réunion agitée, à pleurer dans le bureau de la secrétaire.
A pleurer en disant "Pourtant, je déprime pas".

Et en disant ça, un déclic s'est fait dans ma tête.

Si, je déprime.
Non, je ne veux pas de cette vie.
Cette vie, à base de train-train et de petits extras.
Je n'en veux pas.
C'est trop facile.

Et pourtant, là, je n'ai pas d'autre choix, que celui de rester.
Parce que pendant l'école, et pendant qu'on était en stage, on était payés.
Je n'ai donc pas d'autre choix que rester, à moins de tout rembourser.
Rembourser ces années d'études que je dois à l'Etat.

Donc je reste là.
Dans mon train-train, avec ce boulot qui ne me plait qu'à moitié, dans cette ambiance qui ne me plait pas, et cette ville qui me donne envie de hurler.
Je reste là, avec ce faux sourire posé sur mes lèvres, comme si tout allait bien.
Et chaque seconde, je pense à Ailleurs.
Je rêve de partir, loin, très loin.
Partir et recommencer Ailleurs.

Recommencer quoi ? Bonne question.
Vivre de petits boulots à l'autre bout du monde, voyager, découvrir, changer.
Galérer.

La vie, c'est pas possible que ce soit aussi plat que ce que j'ai commencé.
Je pourrais avoir ce métier, dans ce bureau, pour les 40 prochaines années de ma vie, si je restais sans bouger.

Je pourrais acheter un appartement, y vivre, rencontrer quelqu'un, faire des enfants, qui grandiraient dans cette ville, acheter un appartement plus grand, et continuer, faire comme les autres.
Les autres, les gens bien, ceux qui réussissent une petite vie confortable.

Mais moi, je ne pense qu'à partir.
Les attaches me font peur.

Et puis, j'en veux pas, de toute cette facilité.
De cette vie toute tracée.

Je sais, c'est facile à dire, assise où je le suis.
Mais d'ici, j'ai l'impression que ces deux dernières années vont se répéter à l'infini.
Autant dire, que ma vie est finie.

 

Alors, bien sûr, c'est facile de le dire, que je veux partir, tout laisser là.
Laisser toute cette sécurité derrière moi.
C'est facile de dire ça lorsqu'on sait très bien que ça ne peut pas être immédiat.
Que de l'eau peut couler sous les ponts.

Peut-être que je m'y ferai, à cette vie sans surprise, sans danger.
Mais peut-être pas.

Peut-être aussi que j'ai juste besoin de grandir un peu, pour accepter, rentrer encore mieux dans le moule.
Mais peut-être pas.

Peut-être que c'est gâcher quelque chose, peut-être que c'est renier tout ce que j'ai été jusqu'à présent, de tout quitter sans retour possible.


Alors, je sais qu'il me sera bientôt possible de demander un congé sans solde.
Solution intermédiaire, entre ne rien faire et tout quitter.
Je pense attendre deux ou trois ans, faire des économies plus conséquentes que jusqu'à maintenant, et j'aimerais partir une année, voir du pays.

J'ai essayé d'en parler un peu à mes copains, mais ils ne comprennent pas.
La Loutre m'a dit "T'as qu'à te mettre à mi-temps", et a ajouté que c'était un mauvais plan de partir et quitter son poste, parce que le métier, son statut, allaient évoluer, on savait pas trop comment.
Il a rien compris.

Gui, lui, a parlé de me mettre à 80%, que c'était un bon plan parce qu'on gagne quand même 86% du salaire.
Il a rien compris.

Je n'en veux pas, de ces fausses illusions.
Moi, je veux la liberté.
Pouvoir partir, du jour au lendemain.
C'est de ça dont j'ai besoin.

Claire, je lui en ai parlé, un peu.
Je sais pas si elle comprend vraiment, mais elle a écouté.
Elle n'a rien proposé.
Elle m'a dit, si tu en as envie…

Alors maintenant, je ne leur en parle plus trop.
D'ailleurs, je n'ai plus envie de leur parler de grand-chose.
J'ai l'impression qu'on ne se comprend pas vraiment, qu'il n'ont pas écouté, qu'il n'ont pas saisi mon problème.
A part Claire, peut-être.

Pour cette année à laquelle je pense, je sais que l'Australie a mis en place un Visa particulier, qui permet aux moins de 30 ans d'y rester au maximum un an, et d'y travailler.
J'ai envie d'essayer ça.

L'Australie, c'est loin, c'est grand.
C'est à l'autre bout du monde, et ça m'apprendrait un peu plus la vie.
Les petits boulots pour vivre, les voyages pour dépenser.
Rencontrer d'autres gens, voir d'autres lieux, connaître d'autres choses.

Ca me plaît.
J'en ai envie.

Pour l'instant, depuis quelques temps, c'est ça qui me fait tenir.
Après, je verrai.

Ca sera pas facile, mais si je peux, je le ferai.

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