Summer 2008 - 1
Mes vacances d’été, en cet an de grâce (...) 2008, auront été en 3 parties.
Deux parenthèses, et un feu d’artifice.
Parenthèse number One.
Au 14 Juillet, j’avais posé un jour avant et après le week-end, pour me faire une mini-semaine de vacances dans le Sud-Ouest, dans l’idéal à Lacanau.
C’était sans compter ma mère et sa jambe dans le plâtre.
Et donc, puisque ça n’en était qu’au début (du plâtre), son humeur de chien.
Tu le sais, je suis une gentille fille qui ne sait pas dire non à un demande justifiée, encore plus lorsque celle-ci vient de Maman, et n’a jamais été formulée à haute voix.
Je me suis donc retrouvée à passer mes mini-vacances de juillet à Bordeaux, entre
- un nettoyage à la brosse à dents de la douche de mes frères-les-dégueulasses (joints roses de moisi) le matin
- et des courses à Carrouf (tu as déjà lu ça quelque part, mais tu te trompes, celles-ci, c’en était d’autres, maman n’avait pas encore son fauteuil roulant, et j’étais toute seule, donc c’était plus rapide) l’après-midi.
Sans oublier de faire le taxi après ça, pour conduire Maman chez le coiffeur.
Heureusement, pendant le coiffeur, j’ai fait escape à Cultura.
Ca, c’était pour le vendredi.
Le samedi, laisse-moi me souvenir, j’avais éventuellement pensé aller en centre-ville, shopper un peu, ou au moins lécher les vitrines. Ben oui, j’aurais voulu le faire la veille, mais non, donc…
Sauf qu’à la place, c’était l’anniversaire de Petite Mamie, donc on a tous pris le train pour Arcachon, sauf Maman, parce que soi-disant, chez Petite Mamie, y avait pas assez de place pour elle et son plâtre.
Pour info, mais tu t'en serais douté, Petite Mamie, c'est la maman de mon Papa.
Ca va, Arcachon, c’était sympa.

Le 12 Juillet 2008 à 16:17
Sauf quand Maman se met à pleurer, genre l'air blessé mais digne, parce qu’elle reste toute seule, et que nous, on part.
Mais dis-moi, Maman, si tu veux venir, y a pas de problème, hein ?!
Non, t’es sûre ?
Alors, juste comme ça, pour voir, tu pourrais sécher ces larmes, là ?
Quand on s’est assis dans le train, Papa a dit qu’il allait enfin pouvoir décompresser un peu.
Parce que Maman, elle en chie, avec son plâtre, et elle en fait profiter tout le monde.
Et Papa, il est comme moi, il ferme sa gueule et il laisse l’orage passer.
Sauf que là, c’est pas un orage passager, c’est un front orageux qui squatte.
Donc Papa dit qu’il va pouvoir souffler.
Sauf que.
Après être arrivés à la gare 5 minutes chrono avant le train, avoir acheté les billets et couru (ou presque) vers le quai… et s’être posés dans le train … ben Papa, il s’est rendu compte qu’on avait oublié de composter le billet.
Donc il a parcouru le train d'avant en arrière pour trouver le contrôleur.
Qu'il a pas trouvé.
Mais bon.
A Arcachon, tout s'est bien passé, on a mangé, on s'est baladés et tout...

15:24
J'ai pris des photos, de Petite Mamie, de mon Papa, de mes frères, de Arcachon, des pompiers qui fêtaient leurs 50 ou 100 ou 150 ans, je sais plus, des bateaux, tout ça tout ça...

16:11
On a laissé mon frère Mat prendre le bateau pour traverser le bassin et aller passer le week-end avec un pote à lui, qui est MNS sur la côte.
Admire le grand angle obtenu avec le fisheye...
(si tu ne comprends pas cette phrase, ne t'inquiète pas, tu n'es pas totalement à l'Ouest)
(moi si)
(mais c'est pas pour autant que cette phrase ne veut rien dire)

16:04
Bon, au cas où tu connaîtrais pas, il faut que je te présente les cabanes tchanquées du bassin d'Arcachon.
C'est quand même the truc emblématique du bassin.
A part les huîtres.
Et les pinasses.
Bref.

16:12 - cabanes tchanquées
Et puis on est rentrés en train à la maison.
Juste un truc, à propos du train.
Y avait plein de monde.
A la fois, normal, un samedi en fin d'aprèm, y a tous ceux qui sont allés passer la journée au Bassin qui se rentrent.
Donc avec mon papa et Mark mon frère le second, on se cherche une place.
Y a 4 places face à face, avec juste une femme assise.
La quarantaine bien avancée.
Un bon balai dans le cul.
Tout ça.
Bref.
On commence à se mettre un peu devant, genre, madame, tu vois on arrive, on va peut-être s'installer, prépare-toi psychologiquement.
On laisse passer des gens qui passent dans le couloir, et je me retourne, après une bonne minute passés là debout
(tu crois pas comme ça mais une minute, c'est assez long)
(pas pour moi être debout, mais pour la femme qui aurait pu se préparer psychologiquement)
et je demande à la femme, juste pour être polie, quoi :
"Excusez-moi (oui je suis over-polie), on peut s'assoir ici ?"
D'un tout pas aggressif, tu sais, le ton vraiment hésitant, gentil, auquel tu ne peux que répondre oui...
Je suis assez forte à ce jeu...
Et cette conne
(là je suis over-pas-polie)
(mais c'est parce qu'elle le vaut bien),
elle souffle, l'air de dire : fait chier,
et elle dit "oui, bon, une minute, hein",
l'air de dire : du calme, laissez-moi le temps de prendre mon sac (à main, le sac) (rien d'insurmontable) qui est sur le siège d'à côté, je suis conne, vous me faites chier et pourquoi vous venez vous installer là, j'aurais préféré être toute seule...
Face à ça, avec Papa et Mark, on hallucine un peu, et y a 2 jeunes, un couple, genre punk, gothique, tout ce que tu veux, limite crête sur la tête et piercings partout, qui sont juste de l'autre côté du couloir, qui me proposent de bouger leurs grosses valises qui occupent les 2 places qu'ils n'occupent pas.
Cherche l'erreur.
Je leur ai dit non merci en souriant, qu'on allait s'assoir où y avait la place, et l'autre conne a enfin réussi à soulever son sac à main pour le mettre sur ses genoux.
On s'est assis.
On a tous les 3 sorti nos bouquins.
Vachement relou, comme compagnie, non ?
Et puis, j'ai pas pu m'empêcher, je me suis penchée vers Papa (il était en face d'elle et moi à côté d'elle), et je lui ai dit, sur un ton très intelligible :
"On pourrait penser qu'ici, c'est mieux qu'à Paris, mais en fait ... pas forcément"
Dans ta gueule madame.
Et puis les jeunes sont partis, en libérant les 4 places juste à côté, et on est allés s'installer là.
En continuant de bouquiner.
L'arrêt d'après, un autre jeune est monté, sac à dos, roots, etc.
Il est allé s'affaler sur un des sièges qu'on venait de quitter.
Il a soufflé, il a farfouillé dans son sac, il en a sorti un paquet de bonbons qui faisait du bruit, il l'a rangé dans son sac, et il a soufflé.
J'étais morte de rire.
A la place de 3 silencieux liseurs, elle se ramasse un jeune bruyant.
Sauf que madame, elle a commencé à discuter avec lui.
En plus, c'est elle qui a engagé la conversation !
J'ai halluciné !
Du coup, j'ai fait semblant de lire et j'ai essayé d'écouter ce qu'ils disaient.
Parce que quand même... L'hallu totale, quoi...
Et tu sais quoi ?!
Le jeune, c'était un prêtre.
Ils parlaient spiritualité, tout ça, tout ça.
Tu comprends...
Je crois que son balai à elle, il était calé tellement profond qu'il lui remontait jusqu'à la glotte.
Bref.
C'était le samedi.
Le dimanche, on a migré de Bordeaux jusqu'à la Source.
Je me suis souvenue, soudain, pourquoi j'aimais pas la Source.
En fait, c'est pas la Source, que j'aime pas, c'est la migration.
Faire les bagages, tout ça.
Surtout alors que moi, je vais à peine y rester 2 jours.
Faire le voyage dans la voiture qui pue le bois pourri et les feuilles mortes.
Ca me file la gerbe, l'odeur de cette bagnole.
Et puis s'installer à la Source.
Ouvrir la maison, humide, tout ça, découvrir les mouches mortes dans la baignoire, les toiles d'araignée au-dessus de ton lit, la migale dans la cuvette quand tu viens de faire pipi...
Tout ça, quoi.
Juste pour toi, un bout de baignoire qui t'incite à pas te doucher en premier :
Le 13 Juillet 2008 à 18:31
Bon, là, ça allait, parce que Mère-Grand était passée par là quinze jours plus tôt et avait préparé le terrain.
(D'habitude, c'est plus peuplé...)
Mais quand même.
T'arrives là, tu sais pas trop quoi faire...
Ca, c'était le dimanche.
Le lundi, c'était le 14 Juillet, on est allés à la plage le matin, c'est-à-dire environ de midi à 14 heures.
Ben oui, pas trop longtemps, parce que Maman-dans-le-plâtre était restée à la Source, et elle avait pas encore trop l'habitude de rester toute seule, "sans rien faire".
Quand on est rentrés, elle avait préparé le repas, mis la table, et se bouffait un sandwich au fromage d'un air grognon.
Soit.
Elle avait pas l'habitude.
Le soir, y a eu le feu d'artifice, on y est allés en voiture cause le plâtre, et Maman a inauguré son fauteuil roulant
(qui sentait affreusement l'hôpital la maison de retraite)
(eeeekkk),
s'est faite pousser par Mark, qu'elle a copieusement pourri parce qu'il la conduisait pas droit et a failli la coller dans le fossé, mais une fois seulement qu'on a quitté les amis qu'on a retrouvés là-bas.
Face aux autres, on garde sa dignité, hein.
Même quand y en a un qui te fait faire du rodéo sur 2 roues du fauteuil roulant.
Et c'était pas mon frère.
Ca, c'était le lundi.
Le mardi, je repartais en avion en fin d'aprèm.
Alors on est allés à la plage le matin, comme la veille.
Et puis ils m'ont tous raccompagnés.
Dans la voiture, Papa et Maman se sont disputés, mais genre, grosse engueulade.
A ton avis, juste comme ça, devine pourquoi ?
Parce qu'on avait oublié de rapporter un tup' de bouffe pour Mat, qui restait à la maison (puisqu'il bosse) alors que les autres sont à la Source.
...
Yeah.
Je kiffe grave les engueulades pour des sujets méga importants.
Et puis, j'ai jeté l'idée, comme ça, que je passerais bien à Carrouf pour acheter des cannelés, dans la galerie.
Parce qu'à l'aéroport, ils coûtent la poducu.
Mais l'idée a du passer à la trappe.
Tout le monde a bien pris son temps pour goûter.
Tout ça.
Après, Maman m'a proposé, mais y avait visiblement plus le temps, t'imagines bien.
J'avais plus qu'une envie, moi, après ce fabuleux week-end de détente à Lacanau, ponctué de soirées, de séances plage interminables, et de délires entre potes.
J'avais plus qu'une envie, c'était de monter courir dans l'avion.
Alors je crois que j'ai été un peu désagréable, au moment de dire au revoir, parce que Papa a absolument tenu à aller se garer au parking de l'aéroport, au lieu de me laisser à l'arrêt minute.
Qui dit se garer au parking, dit aller chercher un ticket, etc...
Tout ça pour la même chose : que je descende de voiture et que je prenne mon sac.
Je crois qu'il a compris qu'il fallait qu'ils me lâchent, parce qu'il m'a pas accompagnée au comptoir d'enregistrement.
Il est direct allé chercher le ticket et est reparti.
Et moi, j'ai craqué.
Lâché ma larme.
Super week-end.
Mais pas si pourri que ça.
Juste absolument pas fait ce que j'aurais voulu.
Et j'ai posé 2 jours de congés pour ça.
Et j'ai pas envie de retourner au taf...
Et la culpabilité d'être désagréable avec mon papa, qui n'a pas que ça à supporter, tout ça parce qu'il est trop gentil, en plus...
Pfiouui...
Pas facile, la vie, hein.
Mais c'est rigolo, quand t'as les yeux un peu rouges, dans l'avion, parce que les stewards ils te traitent toujours avec un poil plus d'attention...
(J'aurais pu faire actrice, sinon.)
Voilà, sur cette fin d'article un peu brouillonne, c'était mon premier bout de vacances.
Week-end prolongé du 14 Juillet 2008.
Restera pas forcément dans les annales...
La suite bientôt.
Par aWa, Vendredi 29 Aout 2008 à 20:40 GMT+2 dans It's my life... (article, RSS)




