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Bonjour, ami lecteur.
Ca faisait longtemps.
Que je t’avais pas écrit un truc en live et en français.
La dernière fois, t’as pas trop compris ce que j’ai écrit, et c’est bien normal.
Sauf Fixou, et c’est bien normal aussi, puisqu’elle sait déjà tout de ce qu’il s’est passé.
Je te rassure tout de suite : tout va bien, j’ai encore tous mes membres et mon neurone est intact (quoique), personne n’a rendu l’âme sur mon passage…
C’est juste que, pendant 10 jours, j’ai vécu.
Tu vois.
Verbe vivre.
Genre, tu profites, tu rencontres, tout ça.
Genre, t’es pas enfermé dans un bureau de 8.30 à 17.15 tous les jours de la semaine, pour finir par te cacher le week-end chez toi pour cause d’invasion de blaireaux dans les rues.
Ou pour cause de neurone nécessitant silence.
Pendant 10 jours, j’ai vécu comme j’aimerais vivre plus.
Et pour ça, tu l’as deviné, le retour à la réalité (mais c’est quoi la réalité ?!), c’est dur.
Très dur.
Pour te refaire en français et en rédigé le délire anglais de l’autre jour, quand je suis rentrée, lundi, je me sentais vide.
Vide.
Pas de sentiment sinon celui de manque, de vide, d’avoir oublié quelque chose derrière soi.
De passer à côté d’un truc énorme, sans s’arrêter, sans pouvoir y revenir.
Les seules choses que je voyais, sur la route entre Bordeaux et Paris, et hier toute la journée dans mon bureau, c’était les images de ces vacances.
Intenses.
Impossible de penser à autre chose.
Des images accompagnées de sentiments, qui revenaient serrer ma poitrine, comme une angoisse sourde.
Un truc que tu peux pas vraiment cerner.
Des sentiments forts, mais passés.
Des instants intenses, uniques.
Et je me dis que, c’est pas possible, je le vis encore, ce truc, ce tourbillon, vu l’état de mon cœur et de mon pauvre neurone (ou l’inverse), je suis encore en plein dedans.
Alors pourquoi, hein pourquoi, en face de moi, y a mon collègue non-George(Clooney) ?!
Qui, est-il bien utile de le dire, ne me fait absolument pas vibrer…
Et je ne me plains pas (trop), par la grâce de je-ne-sais-qui (que je dois remercier de m’éviter ce souci), P'tit Nouveau n’est pas là en ce moment.
(Petit Nouveau, dans ton propre intérêt, j’espère que tu as arrêté de venir ici).
Mais où sont les autres, ceux des vacances ?
C’est quoi, la suite, la suite de l’histoire ?
On se revoit quand ?
On fait quoi, après ?
Mais, je le sais déjà, après, y a plus rien.
Après, y a le boulot pendant 11 longs mois jusqu’à l’été prochain.
Y a un week-end à Lisbonne fin Septembre avec les copains, y a une semaine en Sicile mi-Octobre, y a un autre week-end en Novembre.
J’étais contente, d’avoir réussi à les motiver pour se bouger, les copains.
Sauf que maintenant, j’ai surtout plus du tout envie de faire tout ça.
Ca me panique, ça me donne le sentiment d’être bloquée, engagée, de ne plus avoir de liberté d’aller et venir comme je le veux.
J’aurais vraiment eu envie de retourner aux Canaries, en fait.
Mais non, ça sera la Sicile.
Je pourrais très bien annuler le billet d’avion, c’est la seule chose qui soit réservée pour l’instant.
Mais j’ai dit que j’étais du voyage.
J’ai dit, et quand je dis quelque chose, et que je m’engage, je n’assume pas de me défiler.
Alors je fais, en général.
Et prendre un billet d’avion, pour moi, c’est un engagement.
Alors, ce sera la Sicile.
Mais ça m’oppresse.
Que mon emploi du temps soit plié jusqu’à Noël.
L’an prochain, je ne prévois rien avec les copains.
L’an prochain, je déciderai au dernier moment où je veux aller, je partirai sur un presque coup de tête, et qui m’aime me suive.
Ou pas.
Ou pas, parce qu’ils sont pas dans le même trip, les copains.
Fixou, tu rentres pas dans le lot. Je crois que t’es convertie.
Ce fut rapide, mais je crois que tu l’es. 
Mais les copains, ils sont pas dedans.
Le surf, le délire, l’océan, à l’arrache, même à moitié, le soleil, le voyage, le spirit, ils comprennent pas, je crois.
C’est comme l’Australie, ils comprennent pas.
J’ai vraiment l’impression de passer à côté d’un truc énorme.
C'est terrible, comme sensation.
Faudra que je te raconte, quand même, le tourbillon.
Mais pas encore.
Parce que c’est encore super dur de mettre des mots dessus, autres que des demi-mots marrants au téléphone.
Par aWa, Mercredi 27 Aout 2008 à 12:58 GMT+2 dans Caprices (article, RSS)




