Solitaire
Oui, je crois que je suis plutôt solitaire.
Ca me dérange pas de rester seule, de ne voir personne le temps d'un week-end.
Attention, quand je dis voir personne, je peux aller me balader en ville, croiser des tas de gens.
Pour moi, ça revient à voir personne.
Pas d'interaction.
Excepté le minimum de politesse.
J'ai pas des masses d'amis.
Je connais pas mal de gens, mais les gens qui me sont vraiment importants se comptent sur les doigts d'une ou peut-être deux mains.
Et comme je n'ai pas besoin d'être constamment entourée, il peut se passer quelques temps, pendant lesquels je ne les vois pas.
On garde contact par téléphone, un coup de fil par-ci, par-là.
On se voit de temps en temps.
Et ça suffit.
J'ai été trop déçue par le passé.
J'ai trop mis dans des amitiés, j'ai trop donné, pour me rendre compte que je n'étais la bonne copine qu'en dernier recours. Que j'étais tenue à l'écart des sorties, des soirées.
Parce que, tu comprends, une intello chez toi, ça le fait pas.
Alors j'ai mis un videur, à l'entrée de ma vie, et il sélectionne.
Tri sélectif : ordures ménagère, tu jettes sans arrière-pensée. Verre, papier, plastique et conserve : peut éventuellement être recyclé.
En plus de ça, je ne suis pas très sociable.
Ou c'est peut-être juste une autre facette de la méfiance que j'ai développée.
Je ne sais pas entretenir une conversation avec quelqu'un qui ne fait pas partie des mes amis proches.
Je me contente de remuer les braises, avec des hochements de tête, oui, oui c'est vrai, tout à fait, ah bon tu crois ?, je ne savais pas…
J'essaie de garder l'air concentré, concerné, j'y arrive plutôt bien et c'est sûrement pour ça que des inconnus se confient souvent à moi, à un arrêt de bus ou dans un train.
Mais je ne sais pas apporter de bois au feu.
Je n'ose pas trop aller vers les gens que je ne connais pas, quand les gens se connaissent déjà.
Souvent, je m'ennuie dans ces soirées.

Le 26 Décembre 2007 à 17:47
Charleville Mézières
Mais je suis bien, comme ça.
Ca ne me dérange pas d'être réservée,
ça ne me dérange pas de ne pas avoir de nouvelles connaissances tous les 4 matins,
ça ne me dérange pas que 95 % de mes connaissances soient juste faites de superficiel.
Tant que c'est admis et respecté de part et d'autre, tout va bien :
je te connais un peu, tu me connais un peu,
on se dit bonjour quand on se croise et on échange les dernières nouvelles,
ça me suffit et ça te suffit aussi.
Tout ça à la fréquence faible des relations superficielles : de temps en temps.
Rien de plus.
Si des atomes crochus apparaissent, on se verra peut-être un peu plus, d'un commun accord.
Ca débouchera peut-être sur une amitié un peu plus forte, ou peut-être que ça retombera dans des échanges superficiels, on ne sait pas.
Mais c'est parce qu'on sera tous les deux d'accord.
Mais si y a un truc qui me dérange, qui me dérange vraiment, c'est bien les gens qui tentent de s'incruster à tout prix dans ma vie.
Les gens qui ne se rendent pas compte que je n'ai pas forcément envie de les voir en dehors d'un certain contexte.
Les gens qui, parce qu'ils te trouvent quelque chose de spécial, voudraient tout d'un coup faire partie de ta vie.
Et ils ne se rendent pas compte que toi, t'as juste envie d'être tranquille.
Je ne me mets pas en-dehors du lot : moi aussi, des fois, je rencontre des gens que j'aimerais revoir, avec qui j'aimerais partager plus.
Mais il faut être à l'écoute de l'autre.
J'ai adopté le système du "chacun son tour".
Si je sollicite, et que tu réponds, le coup d'après, c'est à toi de faire le premier pas.
Et après, c'est mon tour, ensuite, au tien, etc…
Au bout d'un moment, si tout fonctionne bien, on peut s'appeler ou se voir sans tenir compte du "chacun son tour".
Mais tout doit être progressif.
Par contre, si je fais un premier pas, puis un deuxième premier pas, puis un troisième, sans retour autre que des réponses à ces sollicitations, je vais interpréter de cet échange à sens unique que tu ne tiens pas plus que ça à entendre de mes nouvelles.
Alors je vais arrêter.
Et dans l'autre sens, si je ne renvoie pas de signaux positifs à tes invitations, tu dois comprendre que tu dois arrêter d'insister.
Si tu t'obstines, je vais appréhender le fait de te croiser.
Ca va m'énerver de devoir trouver à chaque fois une nouvelle excuse pour refuser, parce que je n'aime pas blesser les gens, donc je n'oserai pas te dire franchement que je n'ai pas envie de te connaître plus.
Tu vas finir par me sortir par les trous de nez, comme on dit.
Et à obtenir l'effet inverse : je vais chercher à t'éviter définitivement, je ne te supporterai plus. Rien que ta vue me mettra en boule. Sans retour possible.
C'est pourquoi tu dois apprendre à comprendre ce silence.
Et le respecter.
C'est comme les gens qui rentrent dans mon espace.
Ca, je peux pas, non plus.
Mes amis, c'est comme mon espace, ma bulle autour de moi.
Tu y rentres si je t'invite, et si tu le veux bien.
Si tu t'incrustes, je vais le ressentir comme une agression.
Et ça, moi j'te dis, c'est pas bon pour toi.
Par aWa, Lundi 21 Juillet 2008 à 10:03 GMT+2 dans Caprices (article, RSS)






